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La fortune au bord du chemin
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Un samedi après la paie,
qui avait toujours lieu vers les dix sept heures, au lieu de rentrer
immédiatement chez lui, un certain Jean, maçon de son état, préféra
aller jouer aux cartes avec quelques camarades.
Il croyait pouvoir rapporter une double paie chez lui grâce au jeu.
A son grand désespoir il perdit tout son avoir...
Vers les dix-neuf heures, il se décida à rentrer chez lui. Pour l'heure,
de nombreuses idées hantaient son esprit. Comment allait-il expliquer
sa mésaventure à sa femme ?
Comment ferait-il pour nourrir ses enfants cette semaine ?
Il lui restait maintenant un peu moins d'un kilomètre à parcourir.
Il vît un homme, fusil accroché à l'épaule gardant un champ de maïs.
Il se dirigea vers le gardien pour lui demander l'autorisation de
ramasser quelques épis.
Ce dernier accepta. Il remplit son " soubik ". Quand il arriva, il
le déposa dans la cuisine et alla trouver sa femme qui était auprès
des enfants dans sa case.
Il ne prit pas beaucoup de temps pour lui faire comprendre qu'il avait
perdu son salaire en cours de route et que son retard s'expliquait
par des recherches qu'il avait entreprises, seul.
Grâce à la bonté d'un gardien, leurs enfants ne mourront pas de faim,
il lui suffirait de moudre le maïs. Il se mit devant son moulin à
maïs dans un coin de leur salle à manger et dit à sa femme d'aller
prendre son " soubik ".
Elle revint toute étonnée et lui annonça qu'il était vide... Quoi
? s'écria-t-il . Il se leva et se précipita d'un pas étonné à la cuisine.
Quelle ne fut pas la surprise de sa femme quand elle l'entendit dire
:
" vien vit'voir dan la tante nana l'or ! ".
Jean ne tarda pas à devenir un homme aisé. |
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