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La Route en Corniche, catalyseur de toutes
les peurs.
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Entre terre et mer, presque
entre deux mondes, la route en corniche fait figure de purgatoire
pour les " âmes pas ramassées " . Et elles sont nombreuses, ces âmes
en peine qui errent dans l'attente de la délivrance. Les premiers
fantômes remontent à la construction de la route.
Dès les années 60, la mort accidentelle d'ouvriers frappe les esprits...
Il ne faut pas attendre longtemps pour que les premiers éboulis confirment
la réputation sulfureuse de la route. Et aux âmes des ouvriers s'ajoutent
bientôt celles des automobilistes tués au volant.
D'autant plus que la chaussée passerait sur le site même ou se trouvait
le premier cimetière de l'île... Une légende est née, et avec elle
son cortège de croyances et de peurs, de comportements et de rumeurs.
A commencer par la fameuse histoire de l'auto-stoppeuse, dont il existe
plusieurs versions. La première reste sobre.
La mésaventure serait survenue à de nombreux automobilistes généreux.
Au volant de leur voiture, insouciants ou ne croyant pas aux fantômes,
ils auraient oublié les plus élémentaires règles de prudence. A savoir,
ne jamais s'arrêter de nuit sur la route en corniche. Confiants, ils
auraient chacun cédé à l'appel d'une auto-stoppeuse jeune et jolie
et de surcroît animée d'un sourire bienveillant.
Véhicule arrêté, porte grande ouverte, ils proposaient à la jeune
femme de monter à bord pour faire un bout de chemin. Mais plus souriante
qu'un ange, l'apparition restait sur le bas côté de la route, sans
entrer dans l'auto. Et pour cause : sans jambes, la jeune femme n'était
qu'un buste flottant !
D'autres versions, qui ne sont pas sans rappeler la dame blanche racontée
en métropole, laissent la jeune femme prendre place à bord du véhicule.
Elle prodigue alors des conseils de prudence au conducteur avant de
disparaître subitement. Panique garantie !
Mais c'est l'histoire de la veste qui reste la plus surprenante. Si
elle fut publiée, la rumeur en a fait une histoire véridique dont
un journaliste est la victime malgré lui. Il était dit un peu partout
que l'homme en question s'était arrêté de nuit sur la route en corniche
pour prendre en stop une jeune femme.
La pauvre grelottait de froid, alors il lui offrit galamment sa veste.
Il la déposa chez elle et s'en retourna chez lui sans autre problème.
Ce n'est que le lendemain qu'il se souvint avoir oublié sa veste.
Il retourna donc chez la jeune femme, où il trouva porte close.
Des voisins lui apprirent que la jeune femme était morte des
années auparavant, dix ans juste ce soir là, dans un terrible accident
de voiture, justement à l'endroit où il l'avait prise en stop. Bouleversé,
il se rendit au cimetière pour vérifier ce qu'on lui avait raconté.
Et c'est sur la tombe même de la jeune femme qu'il retrouva sa veste...
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